A Mayotte, le gouvernement essuie un véritable camouflet

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C’est un sérieux revers que vient d’essuyer le gouvernement sur le projet de loi spécifique à Mayotte qui devait être présenté mercredi 2 février en conseil des ministres. Annoncé le 31 mars 2021 par le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, à l’occasion du dixième anniversaire de la départementalisation de cet archipel de l’océan Indien, il avait fait l’objet d’une vaste consultation préalable avec les élus, les acteurs sociaux et économiques et la population, qui laissait envisager un assez large consensus sur le territoire.

Aussi l’avis négatif émis, jeudi 13 janvier, « à l’unanimité », par le conseil départemental de Mayotte prend-il l’allure d’un camouflet pour le gouvernement. Il rend pour le moins hypothétique le dépôt du projet de loi à la date prévue. Celui-ci n’aurait, en tout état de cause, pas pu être examiné par le Parlement avant les élections présidentielle et législatives. Mais, pour l’exécutif, il s’agissait avant tout de « laisser une trace » et de ne pas prêter le flanc aux accusations d’« abandon » régulièrement proférées à son encontre par la dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen, très active dans ce département confronté à une immigration massive et à des difficultés sociales structurelles, où la candidate s’est encore rendue en décembre 2021.

Le ministère des outre-mer dit « prendre acte de l’avis défavorable rendu par le conseil départemental sur l’avant-projet de loi pour un développement accéléré de Mayotte » mais ne se hasarde pas à faire de plans sur la comète. « Le projet de loi sera présenté au moment politique opportun », se contente-t-il de répondre aux sollicitations du Monde, dissimulant à peine son embarras.

Surenchère politicienne

Que s’est-il passé entre la consultation du printemps et de l’été 2021, les avis et les propositions transmis à l’époque par les différents acteurs, qui ont largement inspiré l’avant-projet de loi, et le revirement de ce 13 janvier 2022 ? De quels ressorts dispose le gouvernement pour engager, malgré tout, les projets portant sur la lutte contre l’immigration clandestine et l’insécurité, la convergence des droits sociaux, le développement accéléré du territoire, la jeunesse et l’insertion, auxquels s’ajoute un volet organique qui ferait de Mayotte un département-région, au même titre que la Guyane ou la Martinique ?

De toute évidence, la surenchère à l’approche des élections législatives qui suivront la présidentielle n’est pas totalement étrangère à la pièce qui s’est jouée le 13 janvier, et surtout la veille, à la mairie de Mamoudzou, la préfecture, l’hémicycle du conseil départemental étant en travaux. Avant de se prononcer en séance plénière, le conseil départemental avait réuni en visioconférence un certain nombre d’associations et de collectifs, dont le très virulent Collectif des citoyens de Mayotte, présidé par la journaliste Estelle Youssouffa, candidate déclarée aux prochaines législatives.

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