Après une grève très suivie dans l’éducation nationale, Emmanuel Macron joue l’apaisement

Une affiche fait part de la grève de tous les enseignants, sur la porte d’une école du 20e arrondissement de Paris, le 13 janvier 2022.

Le principal danger d’une campagne présidentielle, c’est l’imprévu. Cet adage, que garde en tête la majorité présidentielle pour se préserver de tout excès de confiance, s’est confirmé jeudi 13 janvier. Personne, au sommet de l’Etat, n’avait anticipé une grève nationale des professeurs et des personnels de l’éducation. Personne n’avait imaginé que le mouvement serait suivi par 31 % des enseignants, selon le décompte du ministère de l’éducation nationale, et par plus de 60 % d’entre eux, selon les syndicats, mettant près de 80 000 manifestants dans la rue, selon le ministère de l’intérieur. Plus gênant encore, à moins de cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, personne n’avait prédit que les représentants de parents d’élèves seraient associés à l’exaspération des professeurs face à un protocole sanitaire jugé trop lourd, trop complexe et trop mouvant.

Désormais, l’exécutif redoute que le mouvement, pour l’heure lié à la crise sanitaire, ne dégénère et ne relaie la colère plus profonde qui couve au sein de l’éducation nationale. Un sujet propice à s’enflammer sous l’effet de la campagne présidentielle. Déjà au milieu des professeurs battant le pavé à Paris, le candidat de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, n’a pas manqué d’accuser le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d’avoir « à moitié démoli l’école », quand Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), appelait à cesser de « maltraiter les enseignants ».

Dans un entretien au Parisien, Damien Abad, conseiller de Valérie Pécresse, candidate pour le parti Les Républicains (LR), reprochait aussi au ministre de l’éducation d’avoir créé « un grand désordre à l’école », tout en critiquant plus largement le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron. « Sur la réforme du bac et du lycée, l’objectif était la simplification, le résultat est une situation aussi complexe qu’avant. Il n’a pas réussi à faire de l’éducation un moyen de l’ascension sociale. Aujourd’hui, l’égalité des chances est un leurre et la promotion sociale est une illusion », attaque le député de l’Ain.

Jean-Luc Mélenchon donne une interview, en marge du cortège de la manifestation des enseignants, à Paris, le 13 janvier 2022.

« Aller de l’avant »

Pour éteindre au plus vite le feu naissant, le premier ministre, Jean Castex, a reçu, jeudi en fin d’après-midi, les organisations syndicales des personnels de l’éducation et les associations de parents d’élèves. La rencontre, qui s’est déroulée au ministère de l’éducation nationale « en présence », selon les mots de Matignon, du ministre Jean-Michel Blanquer, comptait aussi le ministre de la santé, Olivier Véran, en visioconférence après avoir été testé positif au Covid-19.

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