Christiane Taubira annonce sa candidature à l’élection présidentielle

Christiane Taubira salue ses supporteurs après sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, sur l’esplanade de la Grande-Côte, dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 janvier 2022.

Elle avait promis de clarifier sa position à la mi-janvier. Christiane Taubira a annoncé, samedi 15 janvier, qu’elle se lançait à son tour dans la course à la présidentielle. « Il nous faut revigorer notre démocratie, en réhabilitant le Parlement, en contrôlant l’action du gouvernement et en veillant à la séparation réelle [des pouvoirs]. (…) Nous sommes trop éduqués, trop cultivés, trop actifs pour nous accommoder plus longtemps encore d’un possible usage des institutions comme instrument d’un pouvoir personnel, a-t-elle déclaré. Pour toutes ces exigences d’un gouvernement qui nous respecte et qui vous respecte (…), je suis candidate à la présidence de la République ».

Mme Taubira a promis de se soumettre au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne transpartisane à gauche rassemblant au moins 120 000 électeurs potentiels. Les autres principaux candidats de gauche dont les noms seront aussi proposés à ce scrutin ont tous refusé de s’y soumettre.

Quatre priorités

Depuis le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, connu pour avoir été le lieu de travail des Canuts, les ouvriers de la soie lyonnais au XIXe siècle, Mme Taubira a listé les principaux axes de son projet, à commencer par « la jeunesse ». La candidate guyanaise a notamment annoncé qu’elle souhaitait que les « 46 % des jeunes (…) obligés de travailler pendant leurs études » reçoivent « un revenu de 800 euros par mois pendant cinq ans » afin « qu’ils soient en capacité de se consacrer à leurs études ».

Deuxième axe de son projet : « la justice sociale ». L’ancienne députée de la Guyane aborde ainsi la question des « bas salaires » et promet de revaloriser le smic « à 1 400 euros net » par mois. Elle promet ensuite de taxer davantage le patrimoine « à partir de 10 millions d’euros ». « Nous allons puiser [dans ces fortunes] et recueillir chaque année environ 10 milliards de recettes fiscales supplémentaires », fait-elle valoir.

Concernant l’écologie, son troisième grand axe de campagne, la candidate de gauche affirme qu’il s’agit de « l’affaire du siècle », en référence explicite à la pétition et au recours en justice porté par le collectif du même nom en 2018, afin d’interpeller l’opinion publique et le gouvernement sur l’urgence climatique. Mme Taubira déclare ainsi notamment vouloir une TVA à taux zéro pour les produits issus de l’agriculture biologique au niveau européen et propose d’augmenter le bonus écologique sous conditions de ressources.

Enfin, le quatrième grand axe de priorités déroulé par la candidate est « la République » dont l’école est pour elle « le cœur battant ». « L’école, qui est un lieu de reproduction des inégalités sociales et familiales [doit participer] à la mixité sociale. Pour les écoles hors contrat, nous allons veiller à ce qu’elles respectent les valeurs et les principes de la République et prendre les dispositions nécessaires en cas de constat de non-respect de ces valeurs », a notamment affirmé la candidate.

Gauche fragmentée

L’ex-garde des sceaux de François Hollande, connue notamment pour la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité et son combat pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, met ainsi un terme à l’attente qu’elle avait suscitée chez une partie des électeurs de gauche le 17 décembre, lorsqu’elle avait dit « envisager » d’être candidate face à « l’impasse » d’une gauche fragmentée.

Cinq autres candidats de gauche sont déjà en lice : l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel et le chantre de la « remontada » de la France Arnaud Montebourg, proche de l’abandon.

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, Christiane Taubira peut-elle réussir à faire l’union qui a jusqu’à présent échoué, alors que certains socialistes la regardent encore comme ayant contribué, par sa candidature, à l’éviction de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 ? Elle n’avait alors recueilli que 2,32 % des suffrages. La candidate guyanaise a cependant déjà réussi à convaincre la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, la socialiste Marie-Guite Dufay. Et le maire de Marseille, Benoît Payan (PS), a annoncé qu’il soutiendrait le vainqueur de la Primaire populaire.

Sa déclaration de candidature s’inscrit dans le cadre d’un week-end politique bien rempli. Sa rivale Anne Hidalgo est en déplacement non loin, à Villeurbanne ; Valérie Pécresse se trouve en Grèce, pour une séquence sur le contrôle des migrants ; Marine Le Pen donne une « déclaration solennelle » depuis l’esplanade du Louvre ; Eric Zemmour se rend à Château-Thierry et Jean-Luc Mélenchon à Nantes.

Le Monde avec AFP

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