Christiane Taubira, la fin du suspense pour l’élection présidentielle

Christiane Taubira lors de sa visite de l’usine de méthanisation de Montaut (Ariège), le 6 janvier.

Quand on demande à Christian Paul si ce n’est pas un ego irrépressible guidé par un fort tempérament messianique qui pousse finalement Christiane Taubira à s’ajouter à la longue liste des candidats de gauche à l’élection présidentielle, l’ancien socialiste, rallié à l’ambition nationale de la Guyanaise, secoue la tête très fort : « Mais pas du tout. Elle n’est pas descendue du ciel pour soigner les écrouelles. »

Pour Christian Paul, qui n’est pas un hurluberlu politique, mais un ancien député (1997-2017) raisonné et méthodique, la clé de compréhension est beaucoup plus simple. « Sa décision ne doit rien au hasard. Après deux ans de Covid-19 et cinq ans de macronisme, les Français sont fatigués. Christiane Taubira peut être l’antidote à cette démoralisation. » M. Paul a peaufiné ses analyses sur la déstructuration de la gauche, ses projections sur « un moment Taubira » et ses plans d’un prototype révolutionnaire de conquête.

Avant d’entrer dans les détails, il nous invite à gravir les hauteurs de Lyon pour assister à un moment historique, samedi 15 janvier, sur la colline de la Croix-Rousse, lieu symbolique aux révoltes des canuts du XIXe siècle, réprimés pour avoir réclamé l’autonomie ouvrière, rébellion anti-esclavagiste de surcroît. Christiane Taubira va parler. Le moment devrait être bref, mais lyrique. Christiane Taubira, oratrice hors pair, dit souvent des choses très poétiques, mais, quelques fois, ce n’est pas très clair. A Lyon elle devait déclarer sans détour qu’elle est candidate à l’Elysée, préalable nécessaire pour pouvoir se soumettre à la désignation de la primaire populaire.

« Aspiration à l’union »

Car Christiane Taubira, encartée dans aucun parti, veut s’appuyer sur la légitimation de ce mouvement citoyen qui revendique plus de 300 000 inscrits et organise un vote fin janvier pour départager les candidats de gauche, avec ou sans leur permission. Cette « innovation démocratique radicale », dont elle est la favorite, c’est la base du plan de Christian Paul. Tout part de là. « Cette manière d’entrer en campagne, cette aspiration à l’union, en dépit des partis, c’est le préalable d’une identité politique différente qui peut recomposer la gauche », précise-t-il. Tout doit partir de cet objet politique encore un peu obscur, dont surgira la grande lumière de la victoire.

Une primaire, sous une forme connue, qui a permis à Valérie Pécresse, vainqueur de celle du parti Les Républicains, de doubler son score dans les sondages. Donc, une fois remportée la primaire populaire, Mme Taubira, « qui a une personnalité hors du commun, un style différent, une manière de regarder le pays différente et une capacité de dialogue différente », selon M. Paul, bénéficiera « d’un mouvement d’opinion suffisamment important pour créer un désir d’union et balayer les dernières résistances ». Celles de partis de gauche réputés rabougris, dépenaillés, réduits à une unique capacité de nuisance en dissuadant leurs militants de voter à la dite primaire.

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