Covid-19 : la propagation d’Omicron en France bouscule la stratégie de dépistage

Des adolescentes réalisent un autotest de dépistage du Covid-19, à Nantes, le 11 janvier 2022.

Entre le 3 et le 9 janvier, près de 12 millions de tests PCR et antigéniques ont été réalisés en France, soit une augmentation de 44 % en une semaine. Un volume record, qui a mis en surchauffe les capacités de prélèvement et d’analyse des laboratoires et pharmacies. Pour éviter la paralysie du système, le gouvernement a décidé d’adapter en urgence sa stratégie de dépistage.

Dès le 7 janvier, la direction générale de la santé (DGS) appelait à « prioriser » l’accès aux tests PCR et antigéniques aux personnes symptomatiques, aux contacts à risque et aux malades ayant un autotest positif. Deux jours plus tard, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, annonçait la livraison de 10 millions d’autotests dans les pharmacies, en plus des 6 millions déjà en stock, afin d’inciter les Français à les utiliser en première intention en cas de doute, et pour tester leurs enfants lorsqu’un cas positif est détecté dans leur classe. Un virage qui pourrait être le prélude à une réflexion plus large sur l’évolution du « tester-alerter-protéger » en vigueur.

  • Jusqu’où alléger le dépistage ?

Le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, a mis en garde mardi : « A ce rythme, (…) plus de 50 % de la population de la région sera infectée par Omicron dans les six à huit prochaines semaines ». Cette proportion est issue d’une modélisation du centre de recherche statistique Institute for Health Metrics and Evaluation, dont le directeur, Christopher J.L. Murray, estime qu’« il y a peu de chances de parvenir à contrôler les contaminations, si bien que tester les personnes asymptomatiques n’est peut-être pas utile ».

Dans un point hebdomadaire, le 8 janvier, il assure que « de nombreux gouvernements vont devoir envisager d’arrêter les tests sur les asymptomatiques et réviser les protocoles pour les travailleurs essentiels, et notamment le moment où les symptomatiques dont le test est positif peuvent retourner au travail ». Le débat a notamment été lancé en Espagne par le chef du gouvernement, afin de considérer le Covid-19 comme une maladie endémique.

Si le gouvernement français ne semble pas encore prêt à franchir le pas, la question doit rester ouverte, selon Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail permanent Covid-19 au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et l’un des principaux auteurs de l’avis sur lequel s’est fondé l’exécutif pour édicter les nouvelles règles. « Si l’épidémie s’aggrave et qu’on se retrouve dans une situation où on n’aurait plus les moyens de tester la population, où il y aurait trop de gens en isolement, de nouveaux protocoles vont s’imposer d’eux-mêmes », anticipe l’expert. C’est déjà en partie le cas en Israël, où les tests PCR sont désormais réservés aux plus de 60 ans et aux personnes fragiles et immunodéprimées. Les autotests sont, eux, devenus la norme chez les moins de 60 ans.

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