Election présidentielle 2022 : le passe vaccinal divise le Sénat et l’Assemblée, Le Pen et Zemmour « suicidaires » selon Ménard… Le récap politique du jour

Le Monde tient le carnet de bord de la campagne de l’élection présidentielle de 2022 : un point quotidien est publié chaque soir à 19 heures qui revient sur les faits politiques de la journée écoulée et aborde les rendez-vous à venir.

L’info du jour : le Sénat et l’Assemblée nationale échouent à trouver un accord sur le passe vaccinal

Les discussions étaient attendues ; elles n’ont pas abouti. Réunis en commission mixte paritaire (CMP) pour trouver un terrain d’entente sur le « projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire », jeudi après-midi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur une version commune du texte.

Selon nos informations, les discussions étaient pourtant tout proches d’un accord sur plusieurs points (contrôle d’identité au restaurant, sanctions en cas de manquement au télétravail, par exemple) jusqu’à ce que le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, se félicite sur son compte Twitter : « La CMP sur le passe vaccinal a donné raison au Sénat, c’est la victoire du bon sens. Les sénateurs ont obtenu de nombreuses clarifications et simplifications. Le passe est destiné à protéger les Français et à rien d’autre… N’en déplaise à Emmanuel Macron. »

Or ce tweet a crispé les discussions entre les parlementaires, notamment ceux de la majorité, provoquant même la fin des négociations en début de soirée. Le patron des députés de La République en marche (LRM), Christophe Castaner, a ainsi acté sur Twitter le « désaccord avec la majorité sénatoriale. Il était hors de question de voter un texte au rabais ». Pour la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, le tweet de M. Retailleau « est une atteinte aux institutions », a-t-elle dénoncé du Palais-Bourbon.

C’est donc une nouvelle navette parlementaire qui s’enclenche, dans un calendrier très resserré : passage en commission des lois à l’Assemblée dès jeudi soir, à partir de 22 heures, selon les informations du Monde, puis examen en séance publique par les députés, lors d’une probable séance de nuit – avant une arrivée possible au Sénat samedi ou en début de semaine prochaine.

A noter que le texte a été engagé en procédure accélérée par le gouvernement : en cas de nouveau désaccord, c’est l’Assemblée nationale – où le parti présidentiel et ses alliés sont majoritaires – qui aura le dernier mot. La date d’application du passe vaccinal, initialement souhaitée par le gouvernement au 15 janvier, ne sera donc pas envisageable, notamment si les oppositions saisissent le Conseil constitutionnel sur une ou plusieurs dispositions du texte.

La citation : Robert Ménard presse Marine Le Pen et Eric Zemmour de s’unir

Robert Ménard en a marre. Le maire de Béziers a une nouvelle fois dénoncé, jeudi 13 janvier, les divisions entre la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, et Eric Zemmour, leur reprochant, sur l’antenne d’Europe 1, d’être « la droite la plus suicidaire du monde ».

« Ils sont tellement stupides ! Aujourd’hui, alors que, si j’en crois les sondages, notre droite à nous est majoritaire à droite et représente en gros un tiers de l’électorat, on est foutu de perdre les élections à cause de leur ego, de leurs écuries, de leurs partis, car tous les deux ils ont des logiques de partis », a-t-il regretté. S’il a annoncé, vendredi 7 janvier, avoir apporté son parrainage d’élu à la candidate du RN, M. Ménard espère que Mme Le Pen et M. Zemmour s’unissent, estimant qu’il serait « suicidaire d’avoir deux candidats pour la droite de la droite » avant le premier tour.

« Je ne les comprends pas », a-t-il insisté, affirmant également essayer de jouer le rôle de « passerelle » pour réussir l’union des droites entre Mme Le Pen, M. Zemmour et Valérie Pécresse au second tour. « Il faudra que les deux qui ne seront pas au deuxième tour appellent à voter pour celui qui sera en tête, je vous garantis que ce n’est pas gagné », a-t-il conclu, presque désabusé.

La photo : Jean-Luc Mélenchon rejoint le cortège des grévistes de l’éducation nationale

Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation organisée par les grévistes de l’éducation nationale à Paris, jeudi 13 janvier 2022. Anne Hidalgo et Christiane Taubira étaient également présentes.

La proposition : Valérie Pécresse veut libéraliser l’agriculture

En déplacement dans le Doubs, jeudi, la candidate des Républicains a présenté son programme sur l’agriculture, dans la droite ligne des principaux axes de sa campagne présidentielle : baisse des impôts et simplification, autant administrative que réglementaire.

Le « comité de la hache » voulu par Mme Pécresse pour diminuer le nombre de normes aurait ainsi pour priorité de s’attaquer au monde agricole. Fini, également, le phénomène de surtransposition, qui consiste à aller plus loin que le droit européen en l’adaptant dans le droit français. Les taxes sur la production seraient baissées, ambitionne la présidente de l’Ile-de-France, tout comme les droits de succession pour les enfants repreneurs d’exploitation.

« Je bâcherai l’agribashing, je restaurerai l’agrifierté” », a clamé Mme Pécresse en listant d’autres mesures, comme l’abandon de la stratégie tendant vers l’arrêt de l’utilisation des produits phytosanitaires et son souhait de reconnaître aux éleveurs « un droit à la légitime défense » quand les troupeaux sont attaqués.

Le jour où… la gauche partait divisée avant sa primaire

Les archives du « Monde ».

Dans ce récap consacré à l’actualité de la campagne électorale, nous allons également évoquer le passé en revenant chaque jour sur les moments marquants des dernières présidentielles à travers un article du « Monde ». Aujourd’hui, faisons un retour en arrière de cinq ans… le 13 janvier 2017.

La gauche entame une fin de semaine décisive à moins de trois mois de l’élection présidentielle. Il y a cinq ans, elle abordait déjà le scrutin « affaiblie et divisée » après le quinquennat de François Hollande, expliquait Le Monde dans son éditorial. A la mi-janvier 2017, une partie de la gauche s’apprêtait à organiser sa primaire citoyenne avec sept candidats sur la ligne de départ : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, François de Rugy, Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias.

Mais, pour Le Monde, ces candidats « sont divisés par des rivalités personnelles sans fond et sans fin qui donnent à leur compétition les allures d’un combat de coqs et laissent mal augurer de leur rassemblement final derrière le vainqueur de la primaire ». « Mélenchon et Macron ne se sont pas privés de le leur renvoyer : à quoi servirait un candidat socialiste, sinon à faire perdre la gauche ? », s’interrogeait également Le Monde. Cinq ans plus tard, la question semble toujours en suspens.

L’agenda du vendredi 14 janvier

Déplacements de campagne. Alors que Marine Le Pen se rend dans les Côtes-d’Armor et en Ille-et-Vilaine sur le thème des éoliennes et de la pêche, Eric Zemmour sera lui dans le Nord, à Honnecourt-sur-Escaut. De son côté, la candidate LR, Valérie Pécresse, se rend vendredi en Grèce pour une visite de trois jours.

Retour du passe vaccinal à l’Assemblée. Après l’examen du projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal en commission des lois dans la soirée de jeudi, les députés doivent débuter les discussions en séance publique, vendredi – elles devraient se poursuivre tard dans la nuit de vendredi à samedi.

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