Entre Edouard Philippe et Emmanuel Macron, les relations tournent à l’aigre

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La belle photo a déjà jauni. Le 29 novembre, à la tribune de la maison de la Mutualité, à Paris, les responsables de la majorité affichaient une image d’unité lors du lancement d’Ensemble citoyens !, l’association réunissant les formations pro-Macron en vue de l’élection présidentielle de 2022. Sur scène figurait notamment l’ex-premier ministre Edouard Philippe, qui a lancé en octobre son propre parti, baptisé Horizons, pour « participer à la constitution d’une nouvelle offre politique » et élargir vers la droite le socle de soutiens au chef de l’Etat.

A peine un mois et demi plus tard, patatras ! Les fondations de cette « maison commune » de la majorité sont déjà fissurées, à cause de l’ambiance polaire régnant actuellement entre les macronistes et les philippistes. En cause : l’échec de la fusion entre la formation du maire du Havre et Agir, petit parti dirigé par le ministre du commerce extérieur, Franck Riester. Alors que les deux mouvements de l’aile droite de la majorité étaient censés ne faire qu’un, les négociations ont finalement capoté, en raison, selon plusieurs sources, de l’implication d’Emmanuel Macron dans ce dossier. Lors de deux réunions du conseil national d’Agir, le 15 décembre, puis le 11 janvier, M. Riester s’est opposé à cette fusion, pourtant souhaitée par la plupart des cadres de son parti, en expliquant que le chef de l’Etat lui aurait « demandé de ne pas le faire », ont assuré au Monde des participants, confirmant une information du Figaro.

Au grand dam d’Edouard Philippe et de ses soutiens, qui considèrent l’intervention présidentielle comme « une mauvaise manière » faite à l’ex-premier ministre. Avec un premier effet très concret : le retrait d’Horizons de la structure commune des forces pro-Macron. « Dans les clauses précisant l’organisation d’Ensemble citoyens !, il était prévu que les fusions internes soient possibles. Si à la première occasion, on contrevient aux règles que l’on a fixées, cela veut dire qu’il n’y a plus de règles. Et donc, en conséquence, nous avons suspendu notre participation à la maison commune de la majorité », explique l’eurodéputé Gilles Boyer, proche du maire du Havre. L’enjeu était en partie financier. En cas de mariage, Horizons aurait notamment pu profiter des moyens d’Agir, qui possède un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et au Sénat, et reçoit à ce titre une dotation publique.

Divergences au sein d’Agir

Officiellement, l’entourage du chef de l’Etat dément que ce dernier se soit mêlé de « tambouille politicienne », affirmant qu’il « préfère gérer Omicron plutôt que Horizons ». En réalité, selon plusieurs sources, M. Macron aurait bien demandé à son ministre de mettre son veto sur la fusion avec le parti de M. Philippe, afin d’empêcher ce dernier de se retrouver en position de force pour les négociations sur la répartition des candidatures aux législatives. Pas question, non plus, de laisser cet ambitieux, qui brigue la présidentielle de 2027, se constituer un groupe trop puissant à l’Assemblée, dans l’éventualité d’un second quinquennat.

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