Guerre en Ukraine en direct : les autorités ukrainiennes diffusent de nouveaux bilans de civils tués à Marioupol, à Boutcha et à Severonetsk

Vladimir Poutine : l’invasion de l’Ukraine était « inévitable », se déroule « calmement, en conformité avec le plan »

Vladimir Poutine a visité l’installation de lancement spatial de Vostochny, dans l’Extrême-Orient russe, avec le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, le 12 avril 2022.

Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février, le président russe est apparu publiquement hors de Moscou. Il a visité l’installation de lancement spatial de Vostochny, dans l’Extrême-Orient russe, avec le président biélorusse, Alexandre Loukachenko.

Il s’est exprimé une première fois, lors d’une remise de récompenses dans la matinée, puis lors d’une conférence de presse. Voici ses principales déclarations, telles que rapportées par Associated Press, l’agence Reuters et l’agence d’Etat russe TASS.

Sur le déclenchement de la guerre. Le président russe a répété qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de lancer cette « opération militaire », selon la terminologie officielle du Kremlin, pour se protéger, et que l’affrontement avec les forces ukrainiennes « antirusses » était inévitable.

Les objectifs sont absolument clairs et nobles. D’un côté, nous aidons et sauvons des gens au Donbass et, de l’autre, nous prenons simplement des mesures pour garantir la sécurité de la Russie elle-même. C’est clair que nous n’avions pas le choix. C’était la bonne décision.

Sur le déroulement de la guerre. Il a assuré que l’invasion se déroulait « de manière harmonieuse, calmement, en conformité avec le plan proposé dès le départ par l’état-major ». « Notre tâche est d’accomplir les objectifs fixés en minimisant les pertes », a-t-il ajouté. Il sous-entendu que si les forces russes n’allaient pas plus vite, c’était pour éviter de trop grandes pertes. Le Kremlin a récemment admis des « pertes importantes » de soldats, mais sans les quantifier. A la fin de mars, Moscou avait reconnu que 1 351 soldats étaient morts et 3 825 blessés, premiers chiffres depuis plus de trois semaines. Mais les sources occidentales estiment que les pertes côté russe pourraient être deux fois plus nombreuses, Kiev allant même jusqu’à douze mille.

Sur les négociations avec l’Ukraine. M. Poutine a accusé les Ukrainiens de s’être retirés des discussions lors de la dernière session de pourparlers directs, le 29 mars à Istanbul. Selon lui, le « manque de cohérence [ des Ukrainiens] sur les points fondamentaux » empêche un accord qui pourrait mettre un terme aux combats. Les Ukrainiens accusent les Russes d’utiliser les négociations pour gagner du temps et de ne pas respecter les couloirs humanitaires. La découverte d’atrocités dans des villes ukrainiennes libérées a définitivement placé les discussions au point mort. Poutine a ajouté qu’en dépit de la « tragédie actuelle », les Ukrainiens étaient toujours un « peuple frère », selon son expression.

Sur les sanctions économiques. Pour le président russe, « il est certainement impossible d’isoler qui que ce soit dans le monde d’aujourd’hui, en particulier un pays aussi immense que la Russie ». « Ils ne pourront pas fermer toutes les portes et les fenêtres », a-t-il assuré. La semaine dernière, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles mesures contre des banques russes qui viennent s’ajouter à une longue liste de sanctions et à un embargo d’hydrocarbures. L’Union européenne a commencé à discuter d’un sixième paquet cette semaine.

M. Poutine a ajouté : « Nous travaillerons avec ceux de nos partenaires qui veulent coopérer. » Il a invité les pays occidentaux à « revenir à la raison et à prendre des décisions mesurées pour ne pas perdre la face ». Il a conclu en promettant que les sanctions se retourneraient contre ceux qui les ont prises, et a notamment cité les restrictions sur l’importation d’engrais russe, qui fait déjà augmenter le prix des aliments.