Immobilier : la démétropolisation post-confinements rééquilibre les territoires

image

Etudes et enquêtes post-confinements s’accumulent pour confirmer une fuite des habitants des grandes villes vers des communes plus petites, voire rurales. En épluchant les statistiques scolaires, comme les inscriptions en primaire et secondaire, l’économiste Olivier Bouba-Olga, professeur d’urbanisme à l’université de Poitiers, a, par exemple, constaté que les métropoles avaient perdu à la rentrée 2021 plus d’élèves qu’attendu.

Avec une baisse de 2,65 % des inscriptions, Paris et Grenoble sont les plus touchées, devant Clermont Auvergne (− 2,29 %), le Grand Nancy (− 2,18 %), Lyon (− 2,06 %) et un recul de 1,76 % pour l’ensemble des 22 métropoles, contre un repli de 1,40 % sur l’ensemble du territoire. En conséquence, les communes rurales, habituées à voir baisser leurs effectifs, bénéficient d’une éclaircie, puisque ceux-ci ne diminuent plus que de 1,26 %.

Près de 18 500 élèves se sont, en septembre 2021, évaporés des écoles du Grand Paris, alors que l’on s’attendait à moitié moins, et M. Bouba-Olga de conclure prudemment : « L’hypothèse selon laquelle on assiste, ces deux dernières années, à des mobilités résidentielles des plus grandes villes, à commencer par les métropoles, vers les plus petites, ne peut pas être rejetée. »

Comparer l’évolution des prix

« Une démétropolisation est engagée », affirme plus nettement Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), à l’occasion de son point de conjoncture, mercredi 12 janvier. C’est la conclusion d’une enquête menée par sa fédération qui a, pour cela, enrichi sa base de données de celles, désormais publiques, du ministère des finances recensant les transactions (le fichier DVF, pour « demande de valeur foncière »), écumé les 4 millions d’annonces présentées sur les quinze sites Internet les plus fréquentés (SeLoger, Leboncoin, De particulier à particulier, Bien’ici, Immonot…) et fait appel à la société spécialisée Yanport pour traiter tout cela.

« Ce sont bien les départements ruraux qui ont connu la plus vive hausse du nombre de transactions, qui, dans huit d’entre eux, a, en 2021, dépassé les 30 % : la Dordogne, la Creuse, l’Ariège, l’Indre, le Loir-et-Cher, le Gers, l’Yonne et l’Orne », observe M. Torrollion.

La Fnaim a aussi eu l’idée originale de comparer l’évolution des prix durant un an et demi avant le premier confinement, soit de septembre 2018 à mars 2020, et après confinements, de mai 2020 à novembre 2021. L’augmentation du prix des maisons a accéléré, passant de 6,1 % à 13 %, celle des appartements se contentant de passer de 8,6 % à 9,3 %, ce qui démontre l’attrait redoublé pour un habitat individuel.

Il vous reste 44.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Enlace de origen : Immobilier : la démétropolisation post-confinements rééquilibre les territoires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *