Novak Djokovic voit son visa de nouveau annulé par l’Australie

Novak Dojokovic devrait faire appel de la décision prise par le ministre de l’immigration australien d’annuler son visa d’entrée. S’il ne le fait pas, ou s’il n’obtient pas gain de cause, il ne jouera pas l’Open d’Australie et sera immédiatement expulsé.

Le ministre de l’immigration australien, Alex Hawke, a finalement usé de son pouvoir discrétionnaire pour annuler, vendredi 14 janvier, le visa du numéro un mondial du tennis, Novak Djokovic, jugeant que le fait que le joueur serbe ne soit pas vacciné contre le Covid-19 pourrait poser un risque pour la communauté.

Lundi, le tribunal fédéral de Melbourne avait donné raison au Serbe en rendant caduque l’annulation de son visa, un camouflet pour le gouvernement australien. Cette deuxième annulation de son visa implique, pour le tennisman, l’interdiction d’entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances.

Novak Djokovic, qui visait, en participant à l’Open d’Australie (17-30 janvier), un record – celui d’un 21e titre d’un tournoi du Grand Chelem – devrait cependant faire appel. S’il ne le fait pas, ou s’il n’obtient pas gain de cause, il sera immédiatement expulsé d’Australie.

Révélations embarrassantes

La Rod Laver Arena, où se déroule l’Open d’Australie.

Au cours des derniers jours, des révélations embarrassantes sont venues fragiliser la défense de Novak Djokovic. Avant d’embarquer pour Melbourne, le numéro un mondial a fêté Noël à Belgrade puis fait un crochet par Marbella (Espagne) pour s’entraîner – comme l’attestent des images publiées sur les réseaux sociaux –, ce qu’il n’a pas précisé dans le formulaire d’entrée sur le territoire australien, rendu public mardi.

Le joueur a admis ne pas avoir rempli correctement sa déclaration d’entrée en Australie, et ne pas avoir respecté les règles d’isolement après avoir été testé positif au Covid-19 en décembre – une contamination dont il espérait qu’elle lui permettrait de bénéficier d’une exemption pour entrer en Australie sans être vacciné.

Mercredi, dans un communiqué publié sur Instagram, le Serbe a expliqué que son agent avait rempli le document en commettant une « erreur humaine, certainement pas délibérée ». Une enquête de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel publiée mardi est également venue jeter le doute sur la date du test PCR positif présenté par Novak Djokovic, émettant l’hypothèse qu’il n’aurait pas eu lieu le 16 décembre mais le 26 décembre…

Par ailleurs, si ce test PCR avait bien eu lieu le 16 décembre et si celui-ci s’était révélé positif, alors le tennisman n’aurait pas respecté les règles d’isolement en Serbie. Ce jour-là, Novak Djokovic s’est affiché sans masque lors de la présentation d’un timbre à son effigie par la poste serbe. Le lendemain, il a remis des trophées à des jeunes dans son académie à Belgrade, posant au milieu d’eux une fois encore non masqué.

« J’étais asymptomatique (…) et n’ai reçu l’information de mon test PCR positif qu’une fois cet événement terminé », s’est justifié mercredi le joueur, qui a admis une « erreur de jugement » en recevant également un journaliste et un photographe du quotidien sportif L’Equipe le 18 décembre.

Cette saga autour du champion de tennis a une forte connotation politique en Australie, dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid-19 parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d’ici à mai.

Le Monde avec AP

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