Procès des attentats du 13-Novembre : « J’ai dit oui, mais dans ma tête, c’était non » Adel Haddadi, djihadiste malgré lui

Adel Haddadi, lors du procès des attentats du 13-Novembre, le 14 janvier.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 2015, Ahmad Al-Mohammad, Mohammad Al-Mahmod, Adel Haddadi et Muhammad Usman, partis la veille de Syrie avec de faux passeports, étaient recueillis sur l’île grecque de Léros, en compagnie de dizaines de migrants avec qui ils naviguaient sur une embarcation de fortune depuis les côtes turques. Quelques semaines plus tard, le 13 novembre, les deux premiers se faisaient exploser devant le Stade de France. Les deux autres n’ont pas eu le même succès dans la mission qui leur avait été confiée par l’Etat islamique : ils se trouvent aujourd’hui dans le box des accusés de la cour d’assises spéciale de Paris.

Contrairement aux deux premiers, de nationalité irakienne, passés entre les mailles du filet policier, l’Algérien Adel Haddadi et le Pakistanais Muhammad Usman avaient été emprisonnés à Léros, trahis par leur méconnaissance du dialecte syrien. Libérés quelques semaines plus tard, ils avaient poursuivi leur route vers le nord et avaient été arrêtés en Autriche, le 10 décembre, sans avoir pu rallier la France où, selon les enquêteurs, ils auraient dû participer aux attentats si tout s’était passé comme prévu.

Vendredi 14 janvier, la cour interrogeait Adel Haddadi sur son appartenance à ce quatuor de kamikazes, et tâchait d’y voir clair dans ses intentions de l’époque. Pendant cinq heures laborieuses, dans un français difficilement compréhensible, l’accusé de 34 ans a tenté – sans grand succès – d’expliquer que, s’il avait rejoint la Syrie début 2015, s’il y avait appris le maniement des armes, et s’il avait été choisi par les hauts dirigeants de l’organisation Etat islamique (EI) pour aller commettre des attentats en Europe, c’était indépendamment de sa volonté. Jamais, dit-il, il n’aurait pu faire une chose pareille : « J’ai dit oui, mais dans ma tête, c’était non. »

« Ils me disaient “c’est comme ça” alors je faisais comme ça »

Englué dans une vie misérable en banlieue d’Alger, Adel Haddadi décolle pour Istanbul en février 2015, sans réel projet, dit-il : « A cette époque, j’étais un peu perdu, je me posais plein de questions sur ma vie. » Arrivé en Syrie pour « faire de l’humanitaire », il intègre l’EI, passe son temps à prier et à cuisiner, mais reconnaît avoir été brièvement formé au maniement des armes. « L’entraînement à la kalachnikov, je ne vois pas ce qu’il y a d’humanitaire, s’étonne le président de la cour, Jean-Louis Périès.

– C’est eux qui ont décidé cela.

– Mais vous l’avez fait.

– Oui. Je n’ai pas posé de questions. Ils me disaient “c’est comme ça”, alors je faisais comme ça. »

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