Valérie Pécresse et LR face au dilemme Eric Zemmour

Valérie Pécresse, le 8 janvier.

Depuis des mois, il est un caillou dans la chaussure du parti Les Républicains (LR). Le candidat d’extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour est un objet politique dont les cadres LR ne savent que faire : tantôt inquiets par le poids qu’il pourrait prendre lors de ce scrutin, mais d’autres fois aussi réjouis de sa présence qui pourrait affaiblir au premier tour la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen.

La question de la stratégie à adopter par la candidate de la droite, Valérie Pécresse, face à cet adversaire d’un nouveau genre – ancien chroniqueur, rompu aux arcanes de la droite classique qu’il a couverte pendant des années, et ami de certains membres du parti – s’est posée avec d’autant plus d’acuité suite au ralliement de l’ancien numéro deux de LR, le député du Loir-et-Cher Guillaume Peltier.

« Marchepied »

Une première prise de poids chez LR pour M. Zemmour qui ne cesse de clamer face à son électorat et aux élus qu’il est le successeur du RPR. Une preuve aussi pour beaucoup que des passerelles existent aussi bien pour les élus que pour des électeurs LR dont certains sont attirés par les thèses du candidat d’extrême droite.

Tout en continuant à craindre son éventuelle percée, une partie de la droite estime cependant, en privé, que le maintien d’Eric Zemmour au-dessus d’un certain seuil pourrait s’avérer bien utile pour permettre à Valérie Pécresse de passer au second tour. En grignotant l’électorat de Mme Le Pen, l’ancien chroniqueur du Figaro pourrait ouvrir une brèche. « Il est vrai qu’un Eric Zemmour abaisse le seuil de qualification qui actuellement est au niveau de la présidentielle de 2002 », fait remarquer Frédéric Dabi, directeur général de l’institut de sondage IFOP.

Ces derniers jours, le RN a même relayé la rumeur que la droite pourrait aider le polémiste dans sa quête de parrainages. Invitée sur BFM-TV-RMC face à Jean-Jacques Bourdin, mercredi 12 janvier, Marine Le Pen a accusé Mme Pécresse d’être « l’actionnaire majoritaire » d’un Eric Zemmour qui lui servirait de « marchepied ». L’entourage de la candidate LR s’est empressé de balayer ces dires. « C’est une farce montée par Zemmour. On ne le fait pas, si on l’avait fait ça se serait vu », s’emporte Aurélien Pradié, député du Lot et porte-parole de Mme Pécresse.

LR joue la carte de la crédibilité

Au-delà de la question des signatures, la perspective d’une primaire sauvage capable de neutraliser l’un ou l’autre des deux candidats d’extrême droite est donc perçue d’un bon œil par certains au sein de LR. D’autant, pensent-ils, que les électeurs proches de la droite pourraient revenir au bercail lors d’un éventuel entre-deux-tours. Ainsi donc il faudra, pour les convaincre, insister sur les questions régaliennes jusqu’à la dernière minute. Ce que s’emploie déjà à faire Valérie Pécresse, qui a fait de la sécurité une thématique centrale de son entrée en campagne, déterrant, par exemple, des expressions comme le « Kärcher » employé par Nicolas Sarkozy en son temps. Ou en proposant des dispositifs tels que les peines aggravées pour un délit commis dans un quartier sensible. A cet égard, la présence du très droitier député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, dans le dispositif est perçue par beaucoup comme un rempart freinant la défection des électeurs vers l’extrême droite mais les attirant aussi.

Il vous reste 25.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Enlace de origen : Valérie Pécresse et LR face au dilemme Eric Zemmour

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *